Les courses


Course du Nivolet Revard 2016                                            1ere course de l’année

Dimanche 1er mai 2016
       
Voici trois mois que je me prépare à la course du Nivolet-Revard. J’ai une revanche à prendre sur moi-même par rapport à l’année dernière où j’ai bouclé les 50 bornes en 7h50 complètement exténué sans doute à cause d’une préparation mal adaptée et surtout à cause d’un terrain très très lourd. Il faut dire qu’il avait plu 48h non-stop avant la course. Rester debout sans bâtons  sur les chemins pentus et en dévers relevait d’un travail de clown équilibriste. Cette année j’ai un capital d’entrainement conséquent derrière moi et je compte bien ne pas renouveler les erreurs des courses de 2015 : A savoir : alimentation en course « trop bien adaptée » et finalement trop riche pour mon estomac – sur-entrainement provocant des troubles du sommeil très pénalisant et donc une grande fatigue nerveuse – Le 30 avril j’étais donc affûté et reposé et, après quelques jours de beau temps, il pleut et neige à 800 mètres. Je prépare la tenue d’hiver les guêtres et les nouveaux bâtons pliants que je viens d’ajouter à mon équipement le mois dernier.

Départ à 8h .Si je me place en général tout prêt de la ligne de départ je ne démarre pas une course à plein régime et la course du Nivolet Revard c’est une montée et une descente sur la route et 5 km de plat, ce que je gère le moins bien. Nous attaquons la montée de Pragondran sur une monotrace. Je retrouve mon terrain mais le rythme est vraiment lent et je ne peux pas doubler. J’ai du mal à réaliser : j’ai pourtant 63ans, tous ces « traileurs » sont plus jeunes que moi et ils avancent comme des randonneurs. Nous sommes pourtant sur une course chronométrée.  Je prends mon mal en patience et  aux trois quarts de la montée, un par un je les passe  avec le plus de diplomatie possible à droite, à gauche. La pluie devient neige et à chaque passage j’entame mon capital avec une accélération mal venue. Je double ainsi une quarantaine de concurrents promeneurs et je rattrape un petit groupe qui grimpe à peu près à mon rythme. Puis, c’est la descente vers le premier ravito où je recharge une flasque en eau . Je relance vers le pré sous la croix. Je cours depuis peu avec des bâtons que je garde en main. Je les utilise le plus possible et pratique la marche nordique dès le premiers faux plat montant. J’envoie en poussant fort avec les bras. Un maitre mot  "économie" gestion d’effort - en garder  sous la semelle- mais un moteur invisible me pousse, 12ème km le pré sous la croix et bientôt la cascade de la Doriaz, j’aime ce passage, 3 secondes de contemplation et je relance la grimpe en sous-bois jusqu’à la croix du Nivolet. Cette fois je monte peinard comme sur mes parcours quotidiens du Vercors ou du mont st Rigaud dans le haut beaujolais. Je me sens super bien, premier shoot d’endomorphine, je me calme et je double un peu moins systématiquement.  Les gars qui sont d’ailleurs devant moi envoient pas mal et aux premiers replats entre la croix et le chalet du grand sire je les laisse filer.
 Déjà la descente vers la Féclaz  et la grande trace toute droite  difficile et dangereuse en saison sèche. Mais le tapis neigeux fait 40cm c’est génial on y va à fond, à grandes enjambées qui font prouf  prouf à chaque foulée. Pas de chocs et une vitesse phénoménale - j’adore. Avec cette neige j’arrive tout frais à La Féclaz, au km 25 . Philippe mon compagnon et précieux  assistant m’attend avec un change complet et deux gourdes pleines d’alimentation liquide.  Je lui laisse les deux vides. Un thé chaud et vroum, je ne change rien je n’ai pas froid,  mes vieilles chaussures Kalengy en simili gore tex sont impeccables. Ravito 3mn environ.
Je repars avant de me refroidir. Sur le plateau en terrain découvert c’est presque la tempête de neige.  Pour ma pomme la course se joue là sur un terrain qui n’est ni plat, ni montant, ni descendant mais extrêmement déstabilisant, aucun appui n’est prévisible et la visibilité est quasi nulle. Le vent souffle et notre  petit groupe de coureurs reste soudé. La tête de la petite section alterne. Même si ça va un peu vite pour moi, je passe à l’avant et m’accroche en essayant de décontracter au max, j’ose une petite remarque, une conversation sympa et toute simple et je m’entends répondre « regardes devant toi sinon tu vas  te vautrer » Je ferme ma gueule, il a raison, ne pas parler et se concentrer. La nature ne dit rien sous notre passage -silence - petite montée descente c’est pareil c’est blanc mais je ne cours pas dans le vide de la fatigue. Si elle arrive je suis là, je serai prêt à l’accepter mais tout va bien dans ce trail blanc. J’ai eu le trac au départ et je suis sur un nuage (dans les nuages).
Le Revard Km 28 ou 30 je ne sais plus, je connais pourtant le parcours mais ce passage a été modifié. Sur le parcours normal, à partir du Revard, la trace fait demi- tour vers le sud, traverse un alpage et nous  promène dans les bois  avant de piquer dans une fracture des falaises du col de Malpassant. Cette fois, comme on nous l'a annoncé au briefing sur la ligne de départ, je sais que l’on descend par l'ancienne voie du train à crémaillère.  Je m’attends à une surprise, à des rallonges cassantes mais la voie semble là toute droite, inclinée sous nos pieds. Une fois de plus, je lâche tout, la neige avale les chocs comme une bouche molle. Prouf prouf prouf,  cette musique répétitive  tout en souplesse et rondeur me calme. Pour un peu je dormirai bien là dans cette grosse couette blanche au milieu des  sapins en glissant à 15 à l'heure, et si cette mélodie presque  monotone se répète, je connaitrai sans doute  une nouvelle fatigue après la course. Je lis très mal la musique, mais  ce matin il me faut bien suivre la partition modifiée hier au soir par nos chers organisateurs.
Tunnel -- Pose musicale -- on passe du blanc au noir. Piano qui va piano va sano. A la sortie, Plouf, eau et neige molle, la terre et les cailloux reviennent par le dessous raisonner sous les chaussures. Retour à la course à pied, au trail, à la technique de descente, le buste incliné vers la pente, le regard loin devant.  Aspiré par un juste  déséquilibre  calculé et compensé par la longue foulée et amorti par les cuisses, mon corps s'adapte, se calme et vient se caler au rythme d'un autre corps aux côtés d'un compagnon de course.
Cailloux, neige fondue, sous-bois sombre et froid, il n'y a ici nulle fantaisie nulle flânerie seulement une musique verte et brune qui scande un hymne dur et martial. Les maitres mots sont : devant - écoute - calme et  concentration - pour bien sûr aller vite et rejoindre en douceur les Mentens.  Je m'attends à une remontée douloureuse une "bavante "  idiote et rébarbative mais non, juste un peu de goudron et un décor extraordinaire venu tout droit des Carpates. Juste là à gauche les couleurs d'un château en béton éclatent au milieu des sapins et des mélèzes. L'édifice tagué comme un corps entièrement tatoué et abandonné  retrouve sous les ruissellements du ciel blanc une identité incroyable. J’aime.
Ravitaillement : un thé chaud, une minute d'arrêt.
A partir de là je me prépare au pire. On se croirait sur un parcours de cyclo-cross. Même recouvert de feuilles, le sol est mou comme un gâteau au chocolat, une forêt noire qui enfonce jusqu'à l'assiette. Les replats, les zones de repos sont très brèves, très vite, le sentier grimpe. La boue dégouline entre rochers et troncs d'arbre. Je bénis  les bâtons devenus ici indispensables pour me hisser de marche en marche ou passer en vitesse sur une zone dure et glissante. Monter léger et marcher comme dans un lit de rivière - repérer les pierres stables et sèches  des autres recouvertes d'algues gluantes. Deviner les fonds  plats  sous les remous bouillonnants. Ici l'eau c'est la boue et s'il vaut mieux l'éviter en montée et ne pas y rester collé sur le plat, comme dans la neige, j'y plonge franchement dans les descentes. J'en fais ainsi mon alliée et je m’en sers comme d'un régulateur de vitesse. Il faut juste oser et sentir le corps qui reste debout comme une bouée bien lestée. Descendre ainsi sur une suite de toboggans  gluants est certes un jeu mais qui doit être bref pour rester ludique.
A la vue d'un bourbier bien gras et lourd, la tentation est grande de passer sur la pente dégagée. Mais ce sol en dévers vous infligerait sans attendre une pénalité, une glissade latérale, une chute violente et douloureuse. Maintenant  je sais, je rentre dans la boue, j'y nage à quatre pattes avec pieds et bâtons pour ne pas m'enfoncer, avec comme modèle, l'image d'une araignée d'eau. Malgré  ces précautions, ce cloaque m'attrape parfois un pied ou la pointe d'un  bâton qu'il verrouille entre deux pierres cachées. Cahin-caha, je me sors assez bien de chaque piège et profite  au maximum des petites zones de repos qui slaloment entre les jeunes feuillus. Si cette partie de la course fut pour moi très difficile en 2011, je prends cette année un réel plaisir à m'adapter à ce parcours d'obstacles. Sillonner  ainsi les bois sous les falaises  qui longent  le lac du Bourget tout proche est tout de même assez physique et c'est avec soulagement que j'aborde la descente sur Mery, dernière partie technique. Mais je connais cette musique qui résonne dans mes jambes comme une suite de Bach.
Retour au bitume, aux lignes droites, à la stabilité, aux larges chemins empierrés, aux flaques d'eau terreuses. J'en profite pour allonger la foulée, me détendre, j'ai de la réserve pour la dernière cote, là-bas en  bout de plaine. Je déteste cette fin de course qui coupe la plaine vaseuse visiblement très polluée, et qui  grimpe sur la dernière colline en longeant l'autoroute. Bonjour et remerciements aux bénévoles qui sont restés des heures sous un pont autoroutier pour nous permettre de traverser tranquillement la route d'Aix les bains à Chambéry. 
A cet endroit du parcours il reste en principe, à peine 2 km et un bénévole nous en annonce 4  avant l’arrivée. Diable, mais il se trompe le bougre ! Au bout de cette montée pour laquelle j'ai ressorti les bâtons pour une marche rapide, replat sur un chemin tranquille, petite descente et, surprise du chef: retour à la monotrace en sous-bois. Ça monte et comme je ne l'ai pas prévu, ça me coupe les pattes. J'ai du mal à l'accepter, c'est le jeu, il faut relancer. On retrouve ainsi la distance perdue sur les coupes du parcours à la croix du Nivolet et au Revard. Je dois dire que je joue encore ici la prudence et que j'attends encore avant de donner le dernier coup de collier. Je garde un souvenir douloureux de la fin de course en 2015 où j'ai cru franchir la ligne d'arrivée en passant sous un portique publicitaire placé 200m avant la vraie ligne d'arrivée. Accélérer après le relâchement me fût fatal... Ma tête et mon estomac s'en souviennent encore. Cette fois, en rejoignant la descente et la zone d'habitation, j'allonge souplement la foulée pour finir  avec un grand sourire. De toute la course je n'ai repéré aucune tête blanche ni de visage ridé de sexagénaire. J'espérais finir
 A Voglan, le parc des coureurs à l'arrivée est chaleureux. Un buffet léger est disposé sous la tente, les bénévoles sont nombreux et disponibles. Dans la grande salle de sport la tartiflette est tenue au chaud, les douches sont nettoyées au fur et à mesure de notre passage. Les gens restent à discuter jusqu’à la remise des prix, les remerciements et les podiums. De toute ma vie précédente, je pratiquais la montagne, la marche à pied ou le vélo, disais ne pas aimer la compétition et je prends aujourd'hui un plaisir certain à enfiler un dossard et côtoyer voir doubler de nombreux jeunes hommes de l’âge de mes enfants. Aujourd’hui à 63ans à chaque trail, que je finisse ou non avec un temps honorable, je me sens vitalisé  par un élixir de jeunesse.
Christophe seyve  

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Juillet 2016              Trail Utrachampsaur 
Après le trail de 51 km du Nivolet-Revard le 1er mai  puis le "Pilatrail" le 5 juin je voulais me confronter à un trail de montagne. Depuis 2015 j’ai acquis une petite expérience des courses montagneuses mais  l’Utrachampsaur annonce un  dénivelé impressionnant de 3600m. Certains dirons « mais un 55 km n’est pas un ultra » Oui peut être mais c’est une porte d’entrée vers le monde de l’ultra.
Le trail du Pilat avec ces 43 km des montées verticales et un dénivelé de 2400m fut une préparation, le but était donc de finir avec de la réserve et avec un temps raisonnable.  Ce fut chose faite avec une confiance renforcée sur mes possibilités et la vérification de la qualité de mon entrainement croisé.
Cette fois, et c’est une première, tous les feux sont au vert pour le bonhomme de 63 ans que je soigne particulièrement : Entrainement spécifique certes, mais aussi récupération, alimentation équilibrée, bonnes nuits + siestes, controle, médical, équipement largement testé, longue expérience de randonnée et environnement familial au beau fixe.

Dimanche 3 juillet
3h30 petit déjeuné avec un grand thé chaud, deux œufs au plat, une galette de flocons d’avoine aux légumes et une demi-banane.
5h départ d’Ancelle en bus car le circuit n’est pas en boucle. A Saint Jean des fossés (altitude 1132m) la salle des fêtes propre, et accueillante ,thé chaud à disposition, des toilettes, et une ambiance bonne-enfant pour les 250 participants derrière la ligne de départ., un briefing précis sans musique tonitruante et surtout des sourires, j’aime cette simplicité. Dès cet instant la convivialité est présente.
6h top départ, j’appuie sur mon chrono. Le village est encore endormi, le ciel couvert mais il fait doux. Maillot manche longues tout de même, un short, une paire chaussure technique et confortable qui évacuent parfaitement l’eau car nous allons traverser de nombreux ruisseaux et torrents, des bâtons pliants, deux flaques souples (remplies d’eau complétée en  oligo-éléments) sur  les bretelles du sac chargé avec un coupe-vent, une casquette, une paire de lunette de soleil, un maillot de rechange, une mini- trousse de secours avec la pommade à l’hélichryse en cas de chocs,  l’huile essentielle de katafray de Madagascar (remède fabuleux pour les douleurs ponctuelles) et un petit opinel. Les 3 petites gourdes de préparation liquide portées à la ceinture  vont constituer toute mon alimentation en course. 

Le profil du parcours que je porte sur moi est annoté des repères de kilométrages des postes de ravitaillements, des traversées de torrent et  particularité du paysage. Dès la deuxième minute la troupe bouchonne sur la monotrace qui monte dans la forêt. Patience, très vite chacun trouve sa place et son rythme.  1h de course 7ème km, (altitude 1800m) premières foulées sur une trace vallonnée, la montagne commence son cinéma et joue avec le soleil matinal, la forêt de mélèze s’éclaircit et  la brume s’étire en contre bas sur les aiguilles du pertuis. La première descente serpente dans les mélèzes sur un tapis herbeux et moelleux à souhait, nettoyé pour l’occasion. Je me revois enfant dévalant en courant sur les chemins en toboggans de La chapelle en Valgaudemar. Un vrai régal…
Km 11, traversée du Drac et Village des Borels, premier ravitaillement, je refais les niveaux d’eau. Fond de vallée alpine, bon chemin muletier un torrent en contrebas, une falaise immense et rayonnante.

Km 16 on bifurque à droite sur l’ubac de Méollion. Le chemin serpente en sous-bois et j’emboite le pas de Chloé, une féminine de ma génération.  Sur ce versant nord la pente est minérale et rocailleuse. Je progresse tranquillement et finalement  par un sentier à flan nous approchons  la crête  pour contourner le roc d’Alibrandes. Altitude 2200m, je recommence à courir
Km21 versant sud, plein soleil et descente en vue vers les pistes de ski d’Orsières Merlette. A partir de là tout se corse. Les appuis sont cachés sous les herbes et l’alpage est jonché de trous. Décontraction,  rotation du bassin, petits bons légers, mais le plaisir de descendre ne suffit pas à me faire glisser dans la pente et l’effort musculaire exigé par le terrain devient travail. Toute légère comme une chevrette Chloé passe à l’avant et disparait dans les fourrés. Je ne la reverrai qu’à l’arrivée.  Avant de traverser la haute vallée du Drac, le sentier de terre damée serpente gentiment sur le flan de vallée et remonte en sous-bois pour une centaine de mètres de dénivelé. Ce type de relief est propice à la décontraction, mais de nouveau le rythme du coureur est perturbé. A l’arrière, 30 chèvres nous pourchassent, l’une d’elle, un peu grosse me pousse même avec sa grosse bedaine. Non contente de filer leur chemin elles s’arrêtent et s’abreuvent tranquilles. Stop . Il faut attendre, priorité aux dames…

L’ennemi du coureur de trail long c’est  le mur, quand la fatigue et la tentation de jeter l’éponge pointe sournoisement son nez. J’ai déjà vécu deux abandons, le premier par manque de volonté et le deuxième sur la course des hospitaliers le 1ER novembre 2015 par crainte de subir un accident. Ce jour-là, après un malaise vagal j’ai pris peur, et mon état nerveux et émotionnel m’ont incité à la prudence. J’ai réfléchi, rendu mon dossard et signé mon désengagement en me disant que je préparais déjà l’édition  2016. Je n’ai pas regretté ma décision. Pourtant l’abandon quand il n’est pas provoqué par un accident invalidant peut être vécu comme un échec car il fait perdre le sens de cette activité et remettre en question plusieurs mois de soigneuses et patientes préparations. Pendant cette période tout a été réfléchit et crac on fiche tout à la poubelle comme ça ?  Je sais aujourd’hui que ça ne m’arrivera plus sur "un coup de moins bien" (un bon coup de mou) à moins comme je l’ai dit plus haut que la blessure ou des circonstances extérieures m’indiquent la raison du bon sens.

Ici à la mi-course, dans la montée après la base de loisirs d’Orcières, j’ai subi un gros coup de mou. Je me suis assis à même le chemin  pour me réhydrater, m’alimenter et récupérer. Plus loin,  au ravitaillement je m’assois même sur un fauteuil abandonné. D’habitude sur les courses de 50 km, mon rythme est commandé par mon plan de course et  je ne m’arrête pas sauf pour refaire les niveaux d’eau. Ce matin c’est la montagne qui m’impose sa loi et je dois m’y plier. Habitant sur le haut beaujolais et  au pied du Vercors, je m’entraine pourtant souvent en montagne et c’est là que je m’étouffe en montant sur la Roinette. Déjà 7h de course et seulement 30 km d’avalés, et dire que je caressai l’espoir de boucler le tout  en 9h c’est-à-dire à 6km /h de moyenne. Il commence à faire chaud, il faut ralentir et accepter l’humilité alors que  je n’allais déjà pas vite et  attendre le renouveau, le second souffle qui viendra je le sais, il est toujours venu. Confiance et surtout me rappeler ce vieil adage « rien ne remplace l’expérience » Mais dans le feu, dans l’effort soutenu et très intense on ne pense pas, on ne réfléchit pas on est dedans comme en apnée, plongé dans l’instant présent et  l’effort dément que nous demande le relief. L’expérience fait sens .C’est en écrivant ces lignes ce lundi que je découvre le chemin parcouru avec la réalité du terrain, avec celle de  mon corps, et combien l’exploration au-delà de l’effort connu à l’entrainement peut enrichir.

Au passage du col de la Roinette, au km 35 je suis surpris de ne pas trouver l’univers minéral attendu mais une vraie descente sur un alpage tranquille avec une trace qui s’étire comme un serpent paresseux. Rien de bien technique, je peux me remettre à courir. C’est assez rare mais cette fois je n’ai pas pu faire de repérage. J’aurai aimé pouvoir pointer mon regard vers les crêtes et projeter des images au-delà de mes pas. Je ne sais  pourquoi le fait de savoir m’aide autant dans la gestion de l’effort. L’inconnu m’empêche sans doute de visualiser et d’organiser les zones d’effort et de récupération. Cette fois je navigue à vue sans instruments comme sur une mer houleuse ou l’horizon incertain n’apparait que par intermittence.

Km 40 et des brouettes, ravito au milieu des alpages. Le gars chargé du stand, très gentil par ailleurs me saoule de sa grosse voix presque tonitruante. Très vite je repars à gauche en direction du Piolit (le dernier point haut de la course qui culmine à 2463m) à travers les parcs de brebis envahis par  les gentianes et les orties.
Dans les gros pierriers, sur une trace qui s’étire à flan dans une large combe en courbe, sous la crête rocheuse un grand sourire intérieur m’envahi. Je ne cours pas à vive allure mais je progresse avec l’image de la souplesse. Faux-plat montant et caillouteux. Je me rapproche d’Éric (nos prénoms sont écrits sur les dossards) et le dépasse Silence. Lenteur et régularité sont les maitre mots jusqu’au passage avant la crête et le point de vue sur la vallée de la Durance et l’horrible lac du Serre-Ponçon. Au risque de passer pour un sauvage que je ne suis pas, je m’extasie rarement sur les larges horizons.  Il fallait parait-il se poser là et faire une photo, mais sur une course à pied, je ne m’encombre pas de téléphone ni de musique. Je tiens à rester à l’écoute de mes pas et du bruit du vent. Je ne suis pas en promenade mais en séance de méditation ou je m’attache au  présent et à ma relation aux éléments.

Quand je repense à la dernière côte, à cette ascension toute raide et droite, je ne peux me détacher de l’image du chemin de croix. Je ne suis nullement découragé, J’ai le désir d’avancer mais le souffle court. Par plus de trois fois je dois m’appuyer sur les bâtons, et patienter de longues secondes avant de reprendre l’escalade des hautes marches de cette montagne schisteuse. Je dois me rendre à l’évidence, même si je résiste à l’érosion des années, les limites sont là. Petite pose au sommet. Boisson et dégustation de mon  dessert soja vanille au  warana.

Descente, franche, longue, parfois technique en zone rocheuse, l’effort est d’un autre ordre, j’aime cette variation ludique et chaotique qui a fait sa trace parmi les blocs. Petite combe, et dans le creux à ma droite, la baignoire d’un torrent, à regret,  je passe mon chemin. Dans l’intimité, je m’y serai plongé avec délice avant de dévaler sur cette belle monotrace terreuse qui va suivre. Passages délicieux sous les mélèzes, chemins forestiers, et bientôt le dernier ravitaillement. Route empierrée sur deux km, un parking, une montée en face et des voitures en sens inverse. Mes bâtons picorent l’asphalte avec un bruit sec au rythme de la marche rapide. Je reconnais le paysage, le col et le point de vue où j’ai bivouaqué la nuit dernière.

Fin de course en vue, se recentrer et s’offrir le plaisir d’accélérer. Descente, chemin roulant, faux plat descendant, petite relance entre les maisons du village et ligne d'arrivée.
Il me reste à comprendre pourquoi, malgré une sérieuse préparation, ce fut si difficile. J'aimerai  refaire le parcours comme ça, juste pour voir et mesurer, en solo à l'automne.
Je finis en 10h30 - 134ème sur 250 - 20 secondes derrière le premier V3 qui s'arrache au sprint derrière sa jeune épouse. Je l’ai vu blanc comme un linge, s’accouder au podium pour ne pas tomber, insensible au hurlement de la sono tonitruante.
 
L'ultrachampsaur c'est aussi le bain rituel dans l'eau fraiche de la fontaine, le verre de bière à la main et le sourire des compagnons de course.
christophe seyve

Remerciement particuliers à cette charmante bénévole qui m’a accompagné en voiture d’Ancelle à Saint Jean des fossés alors que j’avais bêtement raté  le bus à 5h.



30 octobre 2016  Course des Hospitaliers - mes premiers pas vers l'ultra

Jour moins 11: Mercredi 19 octobre C'est à partir de cette date que commence le décompte avant la grande course du Trail des hospitaliers
30mn échauffement en montée avec les bâtons puis 20 fois 30" - 30"
Retour en descente assez vite : bonne  forme, il semble que j'ai récupéré de la grande sortie de lundi. C'était bien et rapide. Dévaler dans les couleurs avec les yeux grands ouverts. 
Jour moins 10 : Jeudi 20 octobre
1h à jeun au lever du jour sur les chemins vallonnés.
Jour moins 9 : Vendredi 21 repos
Jour moins 8 : Samedi 22
Je sentais un picotement dans la gorge depuis quelques jours mais rien de plus. Je ne suis pas même enrhumé, et ce matin, j'ai mal à la tête, je dors mal, et j'éternue. Le traitement de choc aux huiles essentielles n'a pas l'air d'être efficace.
Aucune envie de sortir courir pas même en vélo, les exercices de musculation du dos et des abdominaux me sont pénibles.
Jour moins 7 : Dimanche 23  
Idem et voici deux nuits ou je ne dors pas avant 2h du matin.
Ironie du sort, je veux guérir et vite pour être reposé. Je devrai courir 40mn à forte intensité demain matin …
Jour moins 6 : Lundi 24 
Je décide d'éradiquer le rhume avec trois bonnes séances de sauna entrecoupée de douches froides et ça marche. Je sors de là requinqué.
Jour moins 5 : Mardi 25
Première sortie de la dernière semaine de préparation: 40mn de course tranquille
Jour moins 4 : Mercredi 26 
En fait le rhume a plutôt évolué en sinusite (je dors de nouveau très mal)  
Jour moins 3 : Jeudi 27
Nous partons en Aveyron pour la course de l'année et je ne dors presque plus. Je ne m'inquiète pas plus que ça.
Arrivé au gite à St Jean du Bruel, séance de fractionnés en cote. J'ai quand même une super énergie, le logement que nous louons est super et merveille, je passe une nuit de plus de 12h!
Jour moins 2 : Vendredi 28 octobre
Très belle journée ensoleillé et repas au restaurant à Trèves avant les ultimes reconnaissances des points clef du parcours et petite sieste au soleil… Mais la nuit prochaine sera courte et découpée en fines tranches de rêves absurdes ou il s'agit de perte de contrôle (tient tient)
Jour moins 1: Samedi 29  
Ultimes préparatifs techniques et petites cuisines de mon alimentation liquide: mixtures à la spiruline, à la banane, à la crème d'amande, au miel et à l'ashwagandha. Puis deux autres petites gourdes avec de la crème de soja vanille et du warana qui constitue un excellent stimulant pour la deuxième moitié de course. Les flasques souples sont pré-remplies avec des capsules d'eau de mer chargées en oligo-éléments. Malgré moi c'est une  journée de stress. Tout n'est préparé qu'à 21h. Je me couche seul dans le grand lit, pratique toute une séance de décontraction et de respiration avec confiance mais rien n'y fait, je ne m'endors que vers 2h et le réveille sonne à 3h pour le petit déjeuné !
Dimanche 30 octobre 2016
Trail des hospitaliers 75 km et 4000m de dénivelé positif/négatif
Dans la poisse du brouillard matinal, il fait moins trois degrés ce matin. Pantalon, maillot d'hiver à manche longues, gants, tour de cou, cagoule légère et coupe-vent de rigueur !
Cinq heures, extinction des feux dans la ville 500 coureurs sont lâchés sur la route au son du feu d'artifice. Seules les cinq cents lampes frontales et les fumigènes illuminent la rue principale. Deux  kilomètres de bitume avant de grimper en douceur sur le causse du Larzac.
Une chose en tête: gestion de course avec : une foulée plutôt rasante sur le plat, marcher le plus possible en montée, contrôler mon cardio et ne pas dépasser 150 pulsations/minute, ne pas attendre de transpirer avant de quitter le coupe-vent, boire très peu mais tous les quart d'heure et ne pas suivre le rythme imposé par le peloton.
Théories, car je suis le groupe et le pas de celui que je suis, je ne bois qu'après une bonne heure et j'attends d'être trempé pour retirer le coupe-vent. Au bord du ruisseau, fraicheur humide et sensations de courant d'air glacé sur la poitrine, merde alors! Les  autres coureurs m'influencent et je crains sans doute de perdre des places si je m'arrête pour me déshabiller. Enfin le causse, la lune, encore la nuit, mais de la chaleur. La gestion de l'habillement promet d'être délicate. 9ème km Il fait peut-être 15°, j'apprécie… Dès la descente sur Sauclières, retour de la froidure.   Ancienne voie ferrée, terrain boueux et remontée toute tranquille sous les pins par une piste forestière et au sec.   
Avec l'expérience de l'année passée ou j'ai abandonné au 53ème km à Trèves, je cherche un régime économique. Est-ce le manque de sommeil et la dernière nuit ou je fis seulement un bout de rêve ridicule entre deux et trois heures du matin qui me pénalise, mais je ressens comme une sournoise fatigue. Dans la belle montée au St Guiral, juste après les premières gorgées de spiruline, je suis pris de douleurs au ventre. Le mélange de la préparation était-il plus riche que d'habitude? Peut-etre…, le cardio monte dans les tours mais les jambes sont au top j'ai seulement mal au bide…Voici plus d'un an que je n'ai pas eu ces problèmes.  Je me limite à l'eau et au premier ravitaillement liquide j'avale une boisson bannie par mes principes éthiques: deux verres de coca-cola…et ça marche …
Le mont St Guiral est loin je le sais, Pour ma pomme un peu flétrie, cette ascension pourtant banale avec de longues bavantes fait figure de quête du graal. J'ai mis 4h35 pour arriver au sommet en 2015. Avec un meilleur entrainement cette année, je mettrai 5h06 avec tout autant de difficulté. Descente sur un tapis de feuilles souples, bon chemin forestier et des alpages avant le redoutable raidillon de Rouvières. Ce mur de terre de 300m je l'attendais, une fois rejoint le sentier horizontal, il me faut juste une pose boisson de 2mn.

Km 40 Dourbies est à deux km, et comme en 2015 je sens la panne venir… Mais que se passe-t-il ? Pourquoi ce parcours est-il si difficile? La montée dans le village est terrible, mon ventre et ma tête sont à l'envers. Il faut se refaire. Accueil exemplaire et des bénévoles aux petits soins, nous sommes sur la course des hospitaliers!  C'est là que tout se joue et c'est là que Philippe mon adorable assistant de mari entre en scène. Il voit que ça ne va pas fort, nous cherchons une place dans l'herbe au soleil. Il m'apporte la soupe chaude, des vêtements secs, une serviette, de la crème dessert au Warana et un sourire tellement doux…La pose est longue, mon corps dit merde, j'ai vraiment envie de jeter l'éponge et d'aller rendre mon dossard… et pourtant, je sais que là tout prêt, de l'autre côté de cette douleur je vais trouver le second souffle. Aller remue toit soulève ta carcasse ajuste le maillot propre, enfile ton sac et pousse tes os dans cette gentille descente. A la poussette comme une vielle voiture sans démarreur il y a des chances que ça reparte… Pr pr proum vroum vroum tout gentiment, en faut plat descendant, au soleil de midi le moteur se réveille et me pousse vers Roucabie et Trèves le prochain objectif et le prochain ravito. Magnifique itinéraire escarpé en sous-bois lumineux, entre les grottes. Une descente pas piquée des vers sur le Trévézel. A ce jeu, je retrouve l'énergie et la complicité enfantine des jeux d'équilibres sur les cailloux, les racines et toboggans. C'est un grand bonheur. Au ravito encore Philippe, je quitte le pantalon pour le short, le maillot manches longues pour le teeshirt vert au couleur de l'ultra-Champsaur. A partir de là je sais que j'irai au bout.  C'est la grande forme.
Ce qui me parait incroyable c'est d'avoir vécu ce dont je rêvais depuis longtemps:
Faire une fin de course de plus de 60 km avec la fraicheur du bonhomme qui vient de faire 20 bornes. Au départ de Trèves, au km 53 j'étais très bien et joyeux, à la fin de la longue progression sur les sentiers escarpés  sous les falaises du causse noir, c'était l'euphorie et je me méfiais, mais putain dans la grande montée sur le causse avant Cantobre, j'avais comme une assistance électrique, je me suis lâché et je n'ai pas cessé de doubler des concurrents. Cet état de grâce ne m'a pas quitté jusqu'à la fin de course. J'ai tout juste senti les premières douleurs du syndrome de l'essuie-glace dans la dernière descente avant la ligne d'arrivée.
Fin de course fabuleuse mais qui ne me permets pas de revenir sur les meilleurs V3: Je boucle les 75 km en treize heures mais ravi.  A la fin de cette aventure je me dis que j'ai des possibilités. Mon corps me porte vraiment bien. Il faut juste soigner ce putain de système nerveux. Chez moi l'énergie doit être tout simplement mal canalisé. Faire du yoga, travailler la récupération et atteindre un état de calme intérieur me parait bien plus difficile que courir… Bon, J'ai 63 ans, une envie de vivre qui m'épate parfois et je dois dire que je suis un homme heureux.  
Ce qui est formidable dans cette histoire c'est la confiance en soi renforcée. C'est de se faire porter par les bénévoles et les spectateurs. Sentir le public et des amis avec soi. Je viens de passer une semaine de vacance et de repos.
Je me disais: qu'après la course, mes troubles du sommeil allaient disparaitre… Et bien que nenni ! je viens seulement de faire une nuit normale après 6 jours. Du coup cette mystérieuse tension qui m'anime me lâche enfin les baskets et je peux ressentir la fatigue.

Début de la pause hivernale, puis continuer à courir et bien sûr revenir l'an prochain: Mes désirs: Faire un cent km bien typé sauvage et montagneux puis partir loin à pied et en courant avec un strict minimum de matériel. Je n'ai aucune envie de faire une  course comme l'UTMB avec la foule et les inévitables embouteillages de coureur que ça implique. Je prépare donc une traversée du sud Vercors d'est en ouest à partager ou pas  car je dois avouer que l'aventure solo me tente. 
Qu'est ce qui me fait courir ?
Comme ça à brule pourpoint je répond: Se retrouver le plus souvent possible, seul avec la nature dans un état contemplatif. Être simplement parmi les arbres, avec le vent et la pluie, la rivière, sentir mes pas sur l'herbe souple, sentir la gravité qui tire en bas quand on veut monter, qui tire encore en bas à la descente, écouter mon cœur et les petits craquements de ma carcasse.
Au matin, à dire bonjour à mes petites douleurs, être là entier avec ma peau, ma tête, la pointe de mes pieds, mes chevilles, la gauche et sa vieille entorse, la droite qui se tape souvent  le travail de placement toute seule, mes mollets mes tibias mes genoux, mes cuisses, mes hanches, mes bras, mon cou, ma mâchoire, mes épaules souvent si mal traitées par des tensions multiples, mes petites extrémités comme mon nez , mon sexe, la pointe de mes seins, mes oreilles, mes cheveux dans le vent, mes doigts un peu froids, à écouter un par un le matin dès les premiers kilomètres, toutes ces petites personnes et enfin les remercier tous ensemble et leur dire qu'ils font un super boulot, je me dis que courir ainsi c'est courir pour se découvrir et se respecter.
Quand plus haut je parle de découverte, c'est de cela dont il s'agit.
Je me dis que si je veux grandir et peut être vieillir, je dois trotter sur ces chemins, escalader toutes ces montagnes, passer les cols et sentir la bascule si jouissive du franchissement. Courir avec la nature, c'est rechercher des émotions primitives et archaïques. Ne nous leurrons pas c'est en fait très simple. Ça semble une évidence comme ça quand je l'écris mais j'ai mis une quinzaine d'année à le formuler. Courir en trail et courir sur du long serait un parcours initiatique. Rassurant !, Que faire d'autre bien sûr que se rassurer. Le monde qui m'entoure et l'humain m'effraient  tellement que je ne suis pas étonné de voir un tel engouement  pour le trail, et il faut que ça soit long, il faut cacher notre angoisse, notre frayeur, oublier nos peur et se découvrir pour nous sentir plus fort, plus calmes face à la folie humaine.
Suffit ! Je reviens au trail, à la terre, je retourne écouter mes pierres, mes rivières, mes ruisseaux, mes sources régénératrices. Voici deux courses où je ne prends pas assez d'eau au ravito, mais nous sommes en montagne et je descends  vers le filet d'eau pure tremper ma gourde souple dans une mini piscine transparente. Boire ici c'est me recharger, me purifier. J'aime consommer l'eau avec  justesse pour faire des urines claires et une sueur à bonne odeur. Courir, marcher, nettoyer laver, j'aimerai partir seul sans chrono sans montre, explorer et me baigner.
Nous marchions avec mon père, en totale autonomie, trois quatre jours sans ravitaillement, avec la tente, un sac de couchage, notre riz, la polenta, le thé, le jambon, le pain et les fromages  secs. Tel un vieil indien des Appalaches mon père cuisinait le soir sur un feu miniature dans une gamelle noircie par la fumée. Pas un jour ce rituel n'échappait  à son programme. S'il pleuvait il protégeait le feu avec son chapeau et n'oubliait pas le thé de l'après-midi. Nous ramassions le bois dans la vallée et transportions les petits fagots sur les sacs. J'ai marché ainsi chaque vacances d'été dans l'ambiance des Westerns et des romans de Stevenson, Jack London et Jean Giono. Adolescent, à vingt ans aussi, je suis parti seul. Plus tard j'ai initié mes enfants mais je ne suis pas sûr que ces baptêmes les aient marqués au point de revenir aux sources. Ceci est ma quête pas la-leurs.
Le trail me conduit, il me prend par la main, trail veux dire chemin en anglais. Et un chemin mène toujours quelque-part…

 

1 commentaire:

  1. Beau récit, une vision et des pensées partagées. Nicolas, voisin 'traileur' au gite de Fougairolles.

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