Vendredi 5 janvier 2018
J'avais tout préparé secrètement pour ma fugue. Le sac, le vélo la lampe fixée
sur le guidon et un ravitaillement pour plusieurs jours. J'avais 13 ans à l'époque et je voulais fuir cette vie
d'enfant enfermé dans une scolarité dictatoriale. Mais un camarade du collège
m'a devancé. Ma mère m'a alors demandé
si je ne songeais pas aussi à
fuguer… Je luis ai dit que non et ne voulant pas mentir j'ai annulé mes projets
et je n'ai pas quitté la maison avant
d'avoir 20 ans. Cette année je vais avoir 65 ans et cette fugue je vais la
faire en courant toute la nuit du 1er de l'an 2018.
Le 31 décembre à 15h, à Chatenay en bourgogne du sud, il
fait beau et chaud.
Le sac de 12 litres me fait un peu mal aux épaules.
J'emporte 1litre et demie d'eau 6 petites gourdes de crème dessert et de la
nourriture en purée pour 6 petits repas. Je transporte aussi une tenue sèche,
un couteau, une veste de pluie, une bonne frontale branchée sur batterie pour
tenir les 14h de la longue nuit. Une montre GPS raccordée elle aussi sur une batterie
auxiliaire, une paire de bâtons, une petite trousse de secours, et une
couverture de survie. J'ai deux heures trente de vraie lumière avant la longue
traversée forestière qui emprunte le GR7 jusqu'au km 60, et pourtant je
m'égare, demi-tours, escalades en sous-bois pour rien, et retour sur la bonne
route de terre. A ma gauche le soleil déclinant illumine le village de
Propières et je passe le col des Echarmeaux. Sur la piste qui longe la crête
des monts du Lyonnais je croise les derniers promeneurs puis un chasseur en
voiture avec ses chiens à l'arrière dans la cage . Le soir du 31 pâlit puis il
prend une teinte bleuté puis violette. A l'est la lune est pleine. J'appuye
sur ma lampe, rien ne se passe, je
quitte mes gants, idem. Il me faudra débrancher le cordon puis le remettre pour
avoir mon halo indispensable. Enfin je m'enfonce dans la solitude de ma nuit.
Le chemin est caillouteux, et boueux, ça monte plus que ça
descend. Le vent se lève. – refroidissement-- j'enfile le coupe-vent et fait ma
première pose ravito. Visiblement c'est l'heure de la messe noire pour les chevreuils qui sont là en nombre. Premières
suée, petite faiblesse, petite forme. Il pleut, j'enfile la casquette à longue
visière pour protéger mes lunettes. J'ai déjà rebranché ma montre tomtom deux
fois sur la batterie, je n'aurai donc aucune indication fiable des km et
dénivelés.
La météo est précise. Après la pluie, fine les rafales en
tempête me glacent les os. Je dois lâcher et ranger mes bâtons pour réchauffer
mes doigts gelés que je n'arrive pas à déplier pour les rentrer dans les petits
tunnels de mes gants de ski pourtant si
accueillants. Un grésil souffle à l'horizontale, me pique le visage, je remonte
le passe montagne, buée ou brouillard Temps de chien fou, temps de loup. Je
vois les lumières de la ville, je me vois déjà ouvrant la porte du bistrot. Ha
ha ha le village est loin ici c'est seulement le hameaux des Sauvages balayé
proprement par la nouvelle année. Croisement, route nationale, maisons éteintes
(encore) je me réfugie sous un auvent, pour taper dans mes gants. Merde quel
con, ils sont tous au chaud et je suis venu me mettre ici comme un clodo. Rien
d'autre à faire que partir et au pas de course, putain de pays.
Il est passé minuit quand je frappe à une porte pour faire
le plein d'eau. L'accueil est franchement froid, on me passe une bouteille par
la fenêtre, je n'ai même pas le plaisir de remplir mes flaques à l'abri du
vent. Je salue l'assemblée qui est sorti pour voir la bête curieuse et je me
tire. Col du pin Bouchain . Je retrouve avec joie mes chemins bousillés par les
tracteurs forestiers et je monte à bonne allure. Altitude 923m. C'est le point
culminant et la moitié de mon parcours, km 61.
J'ai déjà couru la nuit mais cette fois il faudra attendre
le matin pour en sortir.
Etrange sensation, images obsédantes, Je devrais être dans
l'instant mais suis-je vraiment présent ? J'avance avec l'image d'une balise
imaginaire placée devant moi en haut à gauche. Je suis dans l'oubli, je ne
pense à rien, je cours, je marche, je cours, je suis un automate. Moi qui parlais de méditation, qui prétendais ce recentrer,
je ne me suis jamais senti si absent depuis très longtemps. Je repense au
voyage avec l'opium ou aux grosses fièvres qui m'ont emmenée si loin quand
j'étais enfant. Pourtant pas de douleurs, le sac s'est allégé, le temps est
plutôt clément, mon estomac ne dit rien, toute la petite équipe des organes de
mon corps fait son boulot en silence, c'est comme une longue veillée auprès du
mort. Celles où on plonge dans la vie d'avant. Sauf que je ne dis rien, je
n'écoute personne et ne bois pas le café
préparé par la veuve, je sirote seulement
mes boissons de l'effort avec économie. Tous les 100m je fixe mon GPS, 20° à
gauche, tout droit, puis 30° à droite, route goudronnée, sans voiture aucune,
maisons éteintes, nuit de nouvel an? Non nuit de décembre, descendre en face,
chemin en herbe courte, barrière
métallique, je l'ouvre, ça grince, puis
de nouveau le silence, plus de vent, je traverse le ruisseau, cailloux
glissants et de nouveaux l'odeur d'humus, sous-bois de feuillus. Ma léthargie
s'efface. J'ai faim, je cherche un abri, au sec sous un sapin. Dans ce refuge
sauvage je peux m'assoir, allonger les jambes, et essayer de manger. Comme
d'hab, j'ai la bouche sèche, et y a pas moyen d'avaler un truc solide sans
mastiquer un temps infini. Je dois boire pour faire passer la purée de patates
douces. Vivement la crème dessert. 12mn d'arrêt et c'est reparti, montée plutôt
raide, descente technique, chemin creux
je me traine, km 70 ou à peu près. Quel calme, j'alterne les chemins
technique et bien roulants, éviter les flaques d'eau et de boue, boire souvent
et très peu, J'appréhendais une nuit interminable et finalement je m'y installe
plutôt confortablement. Le bonhomme est à son rythme, marcher d'un très bon pas
en poussant fort sur mes bâtons, courir léger, survoler plus qu'appuyer, les
yeux sur la montre GPS. J'enchaine les
croisements – chemins - route - chemins - montée - descente - marcher – courir
– train train qui me va bien – équilibre – petits sauts – boire – cœur régulier sans doute à 140 - je m'en fou –
le paysage – des lueurs – des ombres – mon rêve – je ne cours pas je dors –
j'avance dans ma nuit.
Et puis c'est le matin je l'entends 6h les
coqs sont en avance. Personne dehors pas
même de vaches – fermes aux fenêtres éteintes - pas d'odeur de fumée - les toits restent froids et rouges terne.
Sur le chemin qui monte, je peine, j'ai sommeil, je m'assois sur un talus, j’éteins ma lampe
et attends. Le calme me fait un bien fou, une gorgée d'eau et je m'endors. Encore
le chant du coq, 6h et quart, je repart. Le pied gauche me brule me pique,
ampoules et verrues plantaires, il reste
au moins 40 bornes. Pieds et compagnie bonjour, je suis sur un ultra, avec ses
petits tracas ses maux et ses douleurs. Je peux encore faire bonne figure alors
je continue, je ne regarde rien, je ne veux pas me déchausser et puis je n'ai
rien, je n'y pense pas. La douleur viendra en son temps. J'espère un village, un café ouvert mais je
ne trouve que des chemins qui s'enchainent qui coupent des routes vides de
voitures, des champs vides de vaches, des haies épineuses et sans feuilles. Pas
d'autres bêtes, le monde s'est écoulé dans les tuyaux. Il n'y a personne en
2018.
Au lever du jour, je traverserais un gros village puis un
deuxième, une voiture, quatre joyeux lurons qui m'interrogent et me proposent à
boire: vodka ou champagne ? Un fourgon,
s'arrête des gens en sortent et ne sont même
pas étonné qu'un martien passe la dans le matin avec sa lampe sur la tête. Je reprends ma route de chemins et de
douleurs, je dois poser le pied sur le côté extérieur pour m'épargner les
brulures des ampoules - rythme de vieillard,
et mon sentiers qui se perd dans la boue prêt du lit de la rivière. Les engins forestiers
ont tout chamboulés, Il faut remonter sur le plateau par le travers des sous-bois
défoncés pleins de branches et de ronce. Égaré, je sors la boussole, et je tire
sud-ouest, mais j'en viens, alors sud-est, et puis carrément Est. Vingt minutes
la dedans et je vois enfin ma trace sur
le GPS, je reviens rassuré sur mon fil d'Ariane.
Route dure, mes ampoules éclatent. Je ne n'irais pas jusqu'à l'Hospitalet. Il me
reste 17 km en compagnie du soleil avant d'arriver à Bellegarde en Forez et je lâcherai
l'affaire de la nuit du nouvel an. Je dois clopiner plutôt que marcher. Stop. Philippe sera au rendez-vous de secours.
J'aurai fait mes 100km. L'année a bien commencé. lien vers le parcours et le profil
mardi 26 décembre
2017
La solitude du coureur des bois
Je cours pour fuir, je cours pour oublier je cours pour me
sentir exister, je cours pour respirer, je cours pour échapper au monde, je
cours pour être absent au monde social, je cours pour être attendu, reconnu,
désiré, je cours pour être fatigué, je cours pour avoir sommeil, pour avoir
faim et soif. Je cours pour voir les loups, je cours pour apprendre à courir
comme les loups je cours pour que mon corps me parle et ça marche. Je cours
pour être en bonne santé, je cours pour mourir J'espère que je courrais aussi pour
mourir.
Je ne m'entraine plus, je cours pour aller quelque part, je
cours pour arriver.
Mardi 19 décembre 20
décembre 2017
Sur de bons chemins roulants, j'ai couru une heure et demie
avec guillaume. Il n'a pas l'air content de lui nous avons parcouru 13,5 km à 10km/h
de moyenne.
Je commence à comprendre le type de coureur que je suis. Mes
grandes sorties seul sur les sentiers boueux ou enneigés, me ravissent. Il n'y
a rien que j'aime autant que grimper, cavaler, pour un longue traversée. Me
sauver et rejoindre l'autre coté, le bout de la carte, la nouvelle terre
imaginaire.
Dimanche 17 décembre
2017
Il a neigé durant la nuit, le sac est prêt et je repars sur
les monts du haut Beaujolais. La haut c'est la petite Sibérie. Les chemins ont
disparus sous les congères. C'est la première fois que je suis mon itinéraire
sur une montre GPS. Plus de perte de temps à identifier ma position sur la
carte, je peux courir comme sur une course bien balisée. Reste à régler le problème
de l'autonomie des batteries qui ne durent que 6 heures.
Dimanche 10 décembre
2017
Il fait un temps d'hiver, le vent rabat des paquets de pluie
sur les grandes baies vitrées de mon habitation, s'immisce par les interstices
et vient soulever les feuillets disposés sur mon bureau. Je prépare les
vêtements et le sac comme pour un ultra sans assistance: Chaussures rouges,
chaussettes épaisses, guêtres, pantalon collant chaud, maillot manches longues
prêt du corps, deuxième maillot manches longues et coupe-vent, gants en
polaire, tour de cou, serre tête bien placé sur les oreilles, casquette de
pluie. J'ai dans mon sac une flasque d'eau de 500ml, une autre avec du jus de
pomme coupé à l'eau salée, un crème dessert au soja, deux barres céréales, un
tube de granules d'arnica, huile essentielles à la gaulthérie, un petit
couteau, une carte d'identité, 10 euros, une carte vitale, un tel, une veste de
pluie et un maillot collant de rechange, une deuxième paire de gants. Il est
13h, le parcours fait 40 à 50 km et la neige m'attend sur le mont st Rigault.
C'est d'ailleurs la haut après deux heures de course que les choses sérieuses
commencerons.
samedi 25 novembre
2017
Pose de 3 semaines
après les hospitaliers et une belle saison automnale.
Je me suis acheté une paire de chaussure Merrel trail Glove
4 . C'est une chaussure minimaliste c’est-à-dire très souple, proche du pied,
sans amorti et avec un drop zéro! Première sensation fabuleuse mais, c'est con,
elles sont trop petites et je me suis fait un ongle noir en 10km.
Je m'entraine tout de même en attaquant le sol avec le
médio-pied ce qui est plus difficile avec une chaussure standard qui amorti
l'onde de choc du talon. La technique impose d'aller chercher le sol loin
devant en allongeant le pied et en pliant le genou, l'attaque au sol se fait
avec la partie avant du pied et impose une foulée plus rapide et dynamique. Du
coup le geste ne me semble pas du tout évident en courant doucement. J'ai hâte
de rechaussé des chaussures minimalistes à ma taille.
Me voilà parti pour un mois d'entrainement avant de maitriser la foulée de l'antilope.
Je vais aborder ce soir le thème souvent dénoncé par les
détracteurs de la course à pied et notamment de cette escalade vers des courses
de plus en plus longues.
Je ne crois guerre à la dépendance à la dopamine. Il faut
bien savoir que chez un coureur régulier et bien entrainé l'euphorie provoquée par les endorphines
arrive de plus en plus tard et passe très vite. Il y a une quinzaine d'année,
je ressentais le plaisir des
psychotropes corporels après une demie
heure et presque à chaque sortie. Aujourd'hui il me faut entre 10 et 12 h
d'effort pour avoir mon petit shoot !
Alors, si ma motivation était guidée par cette carotte je serai tombé bien bas.
Dans un texte que j'ai écrit (et perdu depuis dans les limbes de mon ordinateur
) je parlais de quête spirituelle.
A propos d'addiction si il y en a, je parlerais du coté
émotionnel. Se préparer pendant des mois voire des années et abandonner la
grande course de l'année est assez décevant et un peu dévalorisant. Alors on
recommence l'année suivante et cette fois on finit. Là c'est très sympa mais le
podium qui vous a échappé de peux vous tante et c'est reparti pour une nouvelle
saison. Sur un parcours bien préparé avec un peu d'aisance et le souvenir des
difficultés précédentes, la découverte de vos capacité à bien gérer, les
rencontres de coureurs, un franc sourire partagé, l'entraide et ces émotions si
belles rencontrée sur une lande désertique battue par les vents, peut-être une
médaille de premier de la catégorie, et un immense et simple plaisir. Le
souvenir lui, est encore plus fort et vous ne pensez qu'à une chose, vous
réinscrire pour un nouveau défi. Sur
certains ultras les places sont limitées. Nous somme fin novembre, les inscriptions sont closes fin
décembre pour une course fin avril. La réussite demandera un entrainement
sérieux. Un temps de réflexion et vous cliquez sur inscription. Votre emploi du
temps 2018 est déjà bien rempli. J'en suis là, les découvertes de nouveaux
sentiers, l'exigence que m'impose la réussite de mes objectifs me pousse à
surfer avec une super santé. Une vie de coureur à pied et encore plus une vie
de coureur d'ultra, c'est mettre en question la loi de l'équilibre des énergies
du corps et de la santé mentale ! Tout un programme qui demande des semaines
des mois des années, le temps d'une vie.
Je terminerai par une question, la course à l'équilibre au
désir de vivre est-elle une addiction?
Lundi 2 octobre 2017
J'ai fait la grande traversée, il a fait presque beau sur la
moitié de la grosse journée puis il s'est mis à pleuvoir. Je n'ai eu aucune
défaillance mon moteur a ronronner pendant 16 h . Grande joie !
Jeudi 28 septembre
2017
Je me réveille avec une douleur à la hanche droite puis au genoux
Rien ne va très bien – jour morose – je passe voir mon ami
Guillaume – Le soir alors que tout est prêt pour la course j'ai mal de
partout.
Bon on avise demain
matin, je peux encore tout annuler je suis seul et ne demande rien à personne;
L'idée de faire ce truc tout seul me plais beaucoup, et pourtant … Mais que me
disent ces douleurs ?
Mercredi 27 septembre
2017
je décide de repartir pour Lalley Lozeron dans son
intégralité
Mardi 26 septembre 2017
38 km de vélo - Je vais très bien
Lundi 25 septembre 2017
Je pense à mon activité principale, celle qui me prend le
plus d'énergie. Celle pour laquelle je me lève parfois à 4h du matin. Je
m'entraine pour la course des hospitaliers le 29 octobre et après je me calme
(tu parles, c'est foutu je vais me retrouver en manque). Je pense déjà au
nouvel an que je voudrais passer en courant (tout le nouvel an!) Merde à ce
jour ! Je veux m'enfuir.
Et si je destinais ma vie à la montagne, à la course, au
voyage à pieds, Faire ce tour de France,
avec un appareil photo et un carnet de dessins et un autre pour écrire? Ainsi
courir les chemins et auraient un sens ! Il faut faire un programme, organiser.
. J'ai quelques courbatures aujourd'hui. Après une course
rapide comme celle d'hier et une journée sur l'ordinateur c''est assez logique.
Temps terne, et lumière grise. En fin d'après-midi, il tombe quelques
gouttes, entrainement adapté au
contexte: je sors avec mes bâtons qui doivent devenir familiers
et apporter vraiment un plus y compris en faux plat montant lorsque l'on court
encore. Je dois également m'entrainer (et ça n'est pas si simple) à défaire les
dragonnes rapidement et sans casser le rythme. A 19h sur un chemin en courbe,
qui domine une douce combe ou coule le filet d'une source, je m'arrête et compte les coups de cloche qui
sonnent l'angélus. Je n'ai pas vu les anges, mais je me suis reposé.
Mercredi 20 septembre
2017
3h30 de Vtt dans la campagne du haut clunysois, il fait beau
c'est un régal et je rentre à la maison bien entamé par la fatigue et un
peu défoncé ! J'ai ma dose Je suis bien
(c'est super). (jeudi matin 1h de
fartlek avec une dizaine d'accélération sur la route et dans les prés en pente.
Début de fatigue , et bouton de fièvre. Je ne ressort que le dimanche pour le
trail de Haute Azergue. 150 participants un jolis parcours bien roulant et
rapide. Je travaille ma foulée et les relances sur le plat et la rapidité en
descente: 31km en 3h03. Pas vu les autres V3. Je suis plutôt content du travail
et de la gestion de course pendant laquelle je n'ai pas lâché ma concentration
et je fini en pleine forme! (Rassurant ) Je fait des course aussi pour me
rassurer.
J'ai fait seulement 4
sortie cette semaine mais c'est bien suffisant
pour un corps éprouvé par un microbe indésirable.
La semaine prochaine sera tranquille je retourne en
reconnaissance sur le Vercors samedi ou
dimanche prochain. Je tiens absolument à
mémoriser le parcours de Lalley Lozeron pour ne plus me perdre !
Mardi 19 septembre
2017
Moral en berne je
glande toute la journée.
samedi 16 septembre
2017
Hier alors que j'étais sur la route, il faisait un temps à
sortir un temps avec une lumière à tout planter là, au col des Echarmeaux, sur
le haut beaujolais, mais je suis rentré à la maison.
Ce matin je me suis laissé dormir dans une nuit de délice
avec un couette un peu lourde qui me plaquait bien le corps. Le petit déjeuné
est préparé mais le programme non défini, j'attrape un bouquin
("Bourlinguer" de Blaise Cendrars) alors le temps me file entre les
jambes. Un heure plus tard, en ouvrant mon ordinateur je tombe sur un plan d'entrainement pour l'ultra archivé
précédemment. J'ai besoin d'avaler des km, et de dérouler ma foulée (c'est mon
point faible). Je pars sur la route, en
Vtt avec les chaussures de trail, un bon coupe-vent et des gants. J'ai envie
d'aventures et de découvertes. On file vers l'Est sur les monts du Haut
Clunysois et du Beaujolais. La bas je plaquerais mon vélo dans un fourré pour
un tour de piéton coureur.
Allez ouste on se prépare. Il est bientôt 11h. Il fait gris
et frais mais il ne pleut pas.
1h 20 de Vtt 2h de course en vrai tout terrain et retour
d'une demi-heure en vélo.
Dimanche il pleut à verse je ne fais rien
Lundi beau temps 1h à
jeun puis 1h et demi avec Guillaume et Luc.
Ca va un peu vite pour moi ce qui me fait travailler au seuil.
Jeudi 14 septembre 17
Je cours par amour de la montagne
Mon activité: j'appelle ça "course en montagne"
Je trottine sur le
plat, je marche dans les montées et je cours dans les descentes. Et parfois je
m'arrête pour regarder.
Quand on part pour un trail long il y a tout de même un
seuil que j'ai du mal à dépasser: pour
peu que la météo nous fasse des misères il ne faut pas s'étonner de souffrir
quelque peu. Le plaisir pur et sans tache n'existe pas. Le corps nous interroge
et nous demande de l'aide, Il est comme
un chien familier qui réclame, un signe, une pensée, ou une attention
toute particulière. A cet amie qui me disait qu'en courant de la sorte je maltraitais mon corps, je lui répondrai
que nous vivons lui et moi une histoire amoureuse un peu symbiotique certes
mais pleine d'attention de l'un à l'autre. Mon corps (lui) et moi (celui qui
l'aime) Depuis que je cours je perçois
que je commence à accepter ma personne. Bon là ça risque d'être un peu
mystérieux pour certains mais vu de moi, je commence à comprendre.
Une chose m'effraye pourtant, c'est la relation passionnelle
voir exclusive qui s'installe. Ma vie
c'est ma course à pied (le trail en tout terrain) Rien de plus grisant que de
se retrouver seul ou avec un ami la haut, loin avec le bruit du vent . Nous
avons échoué pour notre première tentative… Je n'ai qu'une idée en tête
repartir. Je voudrais tant que la montagne m'apprivoise, (je peux rêver et
c'est gratuit) en attendant d'apprivoiser mon corps.
Après une chevauchée de 3h, sur les crêtes du Vercors, quand
les nuages s'écartent gentiment pour nous montrer la vallée 800m plus bas, je
suis secoué par l'orgasme (car il y a quelque chose de sexuel la dedans) . Plus
bas entre deux vallons ou serpente un ruisseau c'est une caresse d'une tendresse folle qui passe dans nos veines. Un
temps couvert voir brumeux confirme notre intimité. Un temps ensoleillé nous
assaille d'informations et nous invite aux jeux, la chaleur nous incite à la
prudence.
Mercredi 13 septembre
2017
Tu parles d'un journal que je ne le tiens que très mal.
Je vais à la maison des pâtres en vélo
Il fait frais, voir froid, sortie prévue 2h 30 maxi.
Je quitte la montagne demain, triste moment, retour vers
la Bourgogne vallonnée. J'aime le
sauvage, les chevreuils, le blaireau, les bergers au sale caractère, le loup,
le chien perdu ou même celui du bon randonneur, le brouillard, et ce petit bout
de Vercors. Petit journal, à tout à l'heure…. Ne
Mardi 12 septembre
2017 Repos relatif à la maison
Lundi 11 septembre 2017
Nouvelle reconnaissance du parcours en sens inverse du col
de Rousset au pas de l'aiguille
Dimanche 10 septembre
2017
Départ de Lalley à 5h tapante
Très humide du brouillard mais pas de pluie.
Traversée du village, déjà à 500m du départ première
hésitation, 500m de cote et nouvelle erreur je rate le raccourci pour saint
Maurice, sans conséquence, dans le village, je rate le chemin et on rallonge le
parcours de 500 m. Montée à Trapenier à un bon rythme, au col de Bachal 1h 20, puis col de Méné,
1h30.
Le jour se lève, les choses sérieuses commencent, Montée sur
la crête et progression en dévers sur de l'herbe mouillée. Tête de Praorzel et
nouvelle erreur très vite corrigée grâce à la vigilance de Guillaume , on
attaque la montée sur les hauts plateaux. Pas de problèmes jusqu'au pas de
l'aiguille si ce n'est un ralentissement
pour ne pas effrayer les Patous de la bergerie de Chamousset. Cabane de Chaumailloux , 3h 54 de course et
première grosse erreur. Sur 25km2 le terrain ravagé par les obus tombés là en
1944 est chaotique au possible, Sol rocheux aux herbes courtes, chemin inexistant,
montées descentes montées descentes
bosses et trous de 5m, sapins rabougris,
je ne regarde pas la boussole garde le sentier visible et facile et on
file sud ouest sans se douter que l'objectif est plein nord . Il fait beau,
belle promenade, belle variante, hésitations, rencontre du berger à
Bachasson et on rejoint la cabane de pré
Peyret par le col de pison - 45mn de pénalité! Retour du mauvais temps, 5°,
vent du nord, genoux douloureux ( je suis en short) et on s'englue sur les
pistes boueuses de la station de Col de Rousset . (je déteste
les stations de ski) Impossible de retrouver le GR 93 tous les balisages
nous ramènent vers les parkings Tel à notre assistance qui déplace le Ravito
sur le versant nord de l'autre côté du tunnel
Laurent et Philippe sont là avec boisson chaude vêtements secs et
chaussures de rechange. Interminable
pose de 45mn et on repart pour Font d'Urle. Col de Chironne, descente vers
Vassieux, puis longue montée toute droite jusqu'au plateau. Brouillard et vent
glacé, genoux douloureux coup de mou, la trace oblique trop au nord , il nous
faut remonter pour rejoindre cet Affreux village de Font d'Urle qui apparait
enfin juste là en dessous.
Ici le ravitaillement n'était pas prévu et on en profite;
Piège confortable et on lâche l'affaire ( trop froid trop d'erreur ) Pose ( le
temps s'arrange ) ciel bleu nuages de traine c'est fini , on a plus qu'à
recommencer.
Jeudi 7 septembre 2017
Je sors en vélo et me paie une petite séance de cotes et
retour en vélo (1h30 en tout
Mercredi 6 septembre 2017
Putain de contracture genre torticolis sans doute installé
après une nuit à lutter contre les moustiques. Le mélange à la gaulthérie et
l'huile d'amande douce est efficace
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