vendredi 29 décembre 2017

Journal



Vendredi 5 janvier 2018
J'avais tout préparé secrètement  pour ma fugue. Le sac, le vélo la lampe fixée sur le guidon et un ravitaillement pour plusieurs jours. J'avais  13 ans à l'époque et je voulais fuir cette vie d'enfant enfermé dans une scolarité dictatoriale. Mais un camarade du collège m'a devancé. Ma mère m'a alors demandé  si je ne songeais  pas aussi à fuguer… Je luis ai dit que non et ne voulant pas mentir j'ai annulé mes projets et je  n'ai pas quitté la maison avant d'avoir 20 ans. Cette année je vais avoir 65 ans et cette fugue je vais la faire en courant toute la nuit du 1er de l'an 2018.  
Le 31 décembre à 15h, à Chatenay en bourgogne du sud, il fait beau et chaud.
Le sac de 12 litres me fait un peu mal aux épaules. J'emporte 1litre et demie d'eau 6 petites gourdes de crème dessert et de la nourriture en purée pour 6 petits repas. Je transporte aussi une tenue sèche, un couteau, une veste de pluie, une bonne frontale branchée sur batterie pour tenir les 14h de la longue nuit. Une montre GPS   raccordée elle aussi sur une batterie auxiliaire, une paire de bâtons, une petite trousse de secours, et une couverture de survie. J'ai deux heures trente de vraie lumière avant la longue traversée forestière qui emprunte le GR7 jusqu'au km 60, et pourtant je m'égare, demi-tours, escalades en sous-bois pour rien, et retour sur la bonne route de terre. A ma gauche le soleil déclinant illumine le village de Propières et je passe le col des Echarmeaux. Sur la piste qui longe la crête des monts du Lyonnais je croise les derniers promeneurs puis un chasseur en voiture avec ses chiens à l'arrière dans la cage . Le soir du 31 pâlit puis il prend une teinte bleuté puis violette. A l'est la lune est pleine. J'appuye sur  ma lampe, rien ne se passe, je quitte mes gants, idem. Il me faudra débrancher le cordon puis le remettre pour avoir mon halo indispensable. Enfin je m'enfonce dans la solitude de ma nuit.
Le chemin est caillouteux, et boueux, ça monte plus que ça descend. Le vent se lève. – refroidissement-- j'enfile le coupe-vent et fait ma première pose ravito. Visiblement c'est l'heure de la messe noire pour les  chevreuils qui sont là en nombre. Premières suée, petite faiblesse, petite forme. Il pleut, j'enfile la casquette à longue visière pour protéger mes lunettes. J'ai déjà rebranché ma montre tomtom deux fois sur la batterie, je n'aurai donc aucune indication fiable des km et dénivelés.
La météo est précise. Après la pluie, fine les rafales en tempête me glacent les os. Je dois lâcher et ranger mes bâtons pour réchauffer mes doigts gelés que je n'arrive pas à déplier pour les rentrer dans les petits tunnels de mes gants de ski  pourtant si accueillants. Un grésil souffle à l'horizontale, me pique le visage, je remonte le passe montagne, buée ou brouillard Temps de chien fou, temps de loup. Je vois les lumières de la ville, je me vois déjà ouvrant la porte du bistrot. Ha ha ha le village est loin ici c'est seulement le hameaux des Sauvages balayé proprement par la nouvelle année. Croisement, route nationale, maisons éteintes (encore) je me réfugie sous un auvent, pour taper dans mes gants. Merde quel con, ils sont tous au chaud et je suis venu me mettre ici comme un clodo. Rien d'autre à faire que partir et au pas de course, putain de pays.
Il est passé minuit quand je frappe à une porte pour faire le plein d'eau. L'accueil est franchement froid, on me passe une bouteille par la fenêtre, je n'ai même pas le plaisir de remplir mes flaques à l'abri du vent. Je salue l'assemblée qui est sorti pour voir la bête curieuse et je me tire. Col du pin Bouchain . Je retrouve avec joie mes chemins bousillés par les tracteurs forestiers et je monte à bonne allure. Altitude 923m. C'est le point culminant et la moitié de mon parcours, km 61.
J'ai déjà couru la nuit mais cette fois il faudra attendre le matin pour en sortir.
Etrange sensation, images obsédantes, Je devrais être dans l'instant mais suis-je vraiment présent ? J'avance avec l'image d'une balise imaginaire placée devant moi en haut à gauche. Je suis dans l'oubli, je ne pense à rien, je cours, je marche, je cours, je suis un automate. Moi qui  parlais de méditation, qui prétendais ce recentrer, je ne me suis jamais senti si absent depuis très longtemps. Je repense au voyage avec l'opium ou aux grosses fièvres qui m'ont emmenée si loin quand j'étais enfant. Pourtant pas de douleurs, le sac s'est allégé, le temps est plutôt clément, mon estomac ne dit rien, toute la petite équipe des organes de mon corps fait son boulot en silence, c'est comme une longue veillée auprès du mort. Celles où on plonge dans la vie d'avant. Sauf que je ne dis rien, je n'écoute personne et ne bois pas le  café préparé par la veuve,  je sirote seulement mes boissons de l'effort avec économie. Tous les 100m je fixe mon GPS, 20° à gauche, tout droit, puis 30° à droite, route goudronnée, sans voiture aucune, maisons éteintes, nuit de nouvel an? Non nuit de décembre, descendre en face, chemin en herbe courte,  barrière métallique, je l'ouvre,  ça grince, puis de nouveau le silence, plus de vent, je traverse le ruisseau, cailloux glissants et de nouveaux l'odeur d'humus, sous-bois de feuillus. Ma léthargie s'efface. J'ai faim, je cherche un abri, au sec sous un sapin. Dans ce refuge sauvage je peux m'assoir, allonger les jambes, et essayer de manger. Comme d'hab, j'ai la bouche sèche, et y a pas moyen d'avaler un truc solide sans mastiquer un temps infini. Je dois boire pour faire passer la purée de patates douces. Vivement la crème dessert. 12mn d'arrêt et c'est reparti, montée plutôt raide, descente technique, chemin creux   je me traine, km 70 ou à peu près. Quel calme, j'alterne les chemins technique et bien roulants, éviter les flaques d'eau et de boue, boire souvent et très peu, J'appréhendais une nuit interminable et finalement je m'y installe plutôt confortablement. Le bonhomme est à son rythme, marcher d'un très bon pas en poussant fort sur mes bâtons, courir léger, survoler plus qu'appuyer, les yeux sur la montre GPS.  J'enchaine les croisements – chemins - route - chemins - montée - descente - marcher – courir – train train qui me va bien – équilibre – petits sauts – boire –  cœur régulier sans doute à 140 - je m'en fou – le paysage – des lueurs – des ombres – mon rêve – je ne cours pas je dors – j'avance dans ma nuit.
Et puis c'est le matin je l'entends  6h  les coqs sont en avance.  Personne dehors pas même de vaches – fermes aux fenêtres  éteintes - pas d'odeur de  fumée - les toits restent froids et rouges terne. Sur le chemin qui monte, je peine, j'ai sommeil,  je m'assois sur un talus, j’éteins ma lampe et attends. Le calme me fait un bien fou, une gorgée d'eau et je m'endors. Encore le chant du coq, 6h et quart, je repart. Le pied gauche me brule me pique, ampoules et  verrues plantaires, il reste au moins 40 bornes. Pieds et compagnie bonjour, je suis sur un ultra, avec ses petits tracas ses maux et ses douleurs. Je peux encore faire bonne figure alors je continue, je ne regarde rien, je ne veux pas me déchausser et puis je n'ai rien, je n'y pense pas. La douleur viendra en son temps.  J'espère un village, un café ouvert mais je ne trouve que des chemins qui s'enchainent qui coupent des routes vides de voitures, des champs vides de vaches, des haies épineuses et sans feuilles. Pas d'autres bêtes, le monde s'est écoulé dans les tuyaux. Il n'y a personne en 2018.
Au lever du jour, je traverserais un gros village puis un deuxième, une voiture, quatre joyeux lurons qui m'interrogent et me proposent à boire: vodka ou champagne ?  Un fourgon, s'arrête  des gens en sortent et ne sont même pas étonné qu'un martien passe la dans le matin avec sa lampe sur la tête.  Je reprends ma route de chemins et de douleurs, je dois poser le pied sur le côté extérieur pour m'épargner les brulures des ampoules -  rythme de vieillard, et mon sentiers qui se perd dans la boue prêt du lit de la rivière. Les engins forestiers ont tout chamboulés, Il faut remonter sur le plateau par le travers des sous-bois défoncés pleins de branches et de ronce. Égaré, je sors la boussole, et je tire sud-ouest, mais j'en viens, alors sud-est, et puis carrément Est. Vingt minutes  la dedans et je vois enfin ma trace sur le GPS,  je reviens rassuré sur mon fil d'Ariane. Route dure, mes ampoules éclatent. Je ne n'irais pas jusqu'à l'Hospitalet. Il me reste 17 km en compagnie du soleil avant d'arriver à Bellegarde en Forez et je lâcherai l'affaire de la nuit du nouvel an. Je dois clopiner plutôt que marcher. Stop.  Philippe sera au rendez-vous de secours. J'aurai fait mes 100km. L'année a bien commencé. lien vers le parcours et le profil



mardi 26 décembre 2017
La solitude du coureur des bois
Je cours pour fuir, je cours pour oublier je cours pour me sentir exister, je cours pour respirer, je cours pour échapper au monde, je cours pour être absent au monde social, je cours pour être attendu, reconnu, désiré, je cours pour être fatigué, je cours pour avoir sommeil, pour avoir faim et soif. Je cours pour voir les loups, je cours pour apprendre à courir comme les loups je cours pour que mon corps me parle et ça marche. Je cours pour être en bonne santé, je cours pour mourir J'espère que je courrais aussi pour mourir.
Je ne m'entraine plus, je cours pour aller quelque part, je cours pour arriver.
Mardi 19 décembre 20 décembre 2017
Sur de bons chemins roulants, j'ai couru une heure et demie avec guillaume. Il n'a pas l'air content de lui nous avons parcouru 13,5 km à 10km/h de moyenne.
Je commence à comprendre le type de coureur que je suis. Mes grandes sorties seul sur les sentiers boueux ou enneigés, me ravissent. Il n'y a rien que j'aime autant que grimper, cavaler, pour un longue traversée. Me sauver et rejoindre l'autre coté, le bout de la carte, la nouvelle terre imaginaire.


Dimanche 17 décembre 2017
Il a neigé durant la nuit, le sac est prêt et je repars sur les monts du haut Beaujolais. La haut c'est la petite Sibérie. Les chemins ont disparus sous les congères. C'est la première fois que je suis mon itinéraire sur une montre GPS. Plus de perte de temps à identifier ma position sur la carte, je peux courir comme sur une course bien balisée. Reste à régler le problème de l'autonomie des batteries qui ne durent que 6 heures.  

Dimanche 10 décembre 2017
Il fait un temps d'hiver, le vent rabat des paquets de pluie sur les grandes baies vitrées de mon habitation, s'immisce par les interstices et vient soulever les feuillets disposés sur mon bureau. Je prépare les vêtements et le sac comme pour un ultra sans assistance: Chaussures rouges, chaussettes épaisses, guêtres, pantalon collant chaud, maillot manches longues prêt du corps, deuxième maillot manches longues et coupe-vent, gants en polaire, tour de cou, serre tête bien placé sur les oreilles, casquette de pluie. J'ai dans mon sac une flasque d'eau de 500ml, une autre avec du jus de pomme coupé à l'eau salée, un crème dessert au soja, deux barres céréales, un tube de granules d'arnica, huile essentielles à la gaulthérie, un petit couteau, une carte d'identité, 10 euros, une carte vitale, un tel, une veste de pluie et un maillot collant de rechange, une deuxième paire de gants. Il est 13h, le parcours fait 40 à 50 km et la neige m'attend sur le mont st Rigault. C'est d'ailleurs la haut après deux heures de course que les choses sérieuses commencerons.

samedi 25 novembre 2017
 Pose de 3 semaines après les hospitaliers et une belle saison automnale.
Je me suis acheté une paire de chaussure Merrel trail Glove 4 . C'est une chaussure minimaliste c’est-à-dire très souple, proche du pied, sans amorti et avec un drop zéro! Première sensation fabuleuse mais, c'est con, elles sont trop petites et je me suis fait un ongle noir en 10km.
Je m'entraine tout de même en attaquant le sol avec le médio-pied ce qui est plus difficile avec une chaussure standard qui amorti l'onde de choc du talon. La technique impose d'aller chercher le sol loin devant en allongeant le pied et en pliant le genou, l'attaque au sol se fait avec la partie avant du pied et impose une foulée plus rapide et dynamique. Du coup le geste ne me semble pas du tout évident en courant doucement. J'ai hâte de rechaussé des chaussures minimalistes à ma taille.
Me voilà parti pour un mois d'entrainement  avant de maitriser la foulée de l'antilope.
Je vais aborder ce soir le thème souvent dénoncé par les détracteurs de la course à pied et notamment de cette escalade vers des courses de plus en plus longues.
Je ne crois guerre à la dépendance à la dopamine. Il faut bien savoir que chez un coureur régulier et bien entrainé  l'euphorie provoquée par les endorphines arrive de plus en plus tard et passe très vite. Il y a une quinzaine d'année, je ressentais  le plaisir des psychotropes corporels  après une demie heure et presque à chaque sortie. Aujourd'hui il me faut entre 10 et 12 h d'effort  pour avoir mon petit shoot ! Alors, si ma motivation était guidée par cette carotte je serai tombé bien bas. Dans un texte que j'ai écrit (et perdu depuis dans les limbes de mon ordinateur ) je parlais de quête spirituelle.
A propos d'addiction si il y en a, je parlerais du coté émotionnel. Se préparer pendant des mois voire des années et abandonner la grande course de l'année est assez décevant et un peu dévalorisant. Alors on recommence l'année suivante et cette fois on finit. Là c'est très sympa mais le podium qui vous a échappé de peux vous tante et c'est reparti pour une nouvelle saison. Sur un parcours bien préparé avec un peu d'aisance et le souvenir des difficultés précédentes, la découverte de vos capacité à bien gérer, les rencontres de coureurs, un franc sourire partagé, l'entraide et ces émotions si belles rencontrée sur une lande désertique battue par les vents, peut-être une médaille de premier de la catégorie, et un immense et simple plaisir. Le souvenir lui, est encore plus fort et vous ne pensez qu'à une chose, vous réinscrire pour un nouveau défi.  Sur certains ultras les places sont limitées. Nous somme fin  novembre, les inscriptions sont closes fin décembre pour une course fin avril. La réussite demandera un entrainement sérieux. Un temps de réflexion et vous cliquez sur inscription. Votre emploi du temps 2018 est déjà bien rempli. J'en suis là, les découvertes de nouveaux sentiers, l'exigence que m'impose la réussite de mes objectifs me pousse à surfer avec une super santé. Une vie de coureur à pied et encore plus une vie de coureur d'ultra, c'est mettre en question la loi de l'équilibre des énergies du corps et de la santé mentale ! Tout un programme qui demande des semaines des mois des années, le temps d'une vie.
Je terminerai par une question, la course à l'équilibre au désir de vivre est-elle une addiction?
Lundi 2 octobre 2017
J'ai fait la grande traversée, il a fait presque beau sur la moitié de la grosse journée puis il s'est mis à pleuvoir. Je n'ai eu aucune défaillance mon moteur a ronronner pendant 16 h . Grande joie ! 
Jeudi 28 septembre 2017
Je me réveille avec une douleur à la  hanche droite puis au genoux
Rien ne va très bien – jour morose – je passe voir mon ami Guillaume – Le soir alors que tout est prêt pour la course j'ai mal de partout.                                                   Bon on avise demain matin, je peux encore tout annuler je suis seul et ne demande rien à personne; L'idée de faire ce truc tout seul me plais beaucoup, et pourtant … Mais que me disent ces douleurs ?
Mercredi 27 septembre 2017
je décide de repartir pour Lalley Lozeron dans son intégralité
Mardi 26 septembre 2017
38 km de vélo - Je vais très bien
Lundi 25 septembre 2017
Je pense à mon activité principale, celle qui me prend le plus d'énergie. Celle pour laquelle je me lève parfois à 4h du matin. Je m'entraine pour la course des hospitaliers le 29 octobre et après je me calme (tu parles, c'est foutu je vais me retrouver en manque). Je pense déjà au nouvel an que je voudrais passer en courant (tout le nouvel an!) Merde à ce jour ! Je veux m'enfuir.
Et si je destinais ma vie à la montagne, à la course, au voyage  à pieds, Faire ce tour de France, avec un appareil photo et un carnet de dessins et un autre pour écrire? Ainsi courir les chemins et auraient un sens ! Il faut faire un programme, organiser.
. J'ai quelques courbatures aujourd'hui. Après une course rapide comme celle d'hier et une journée sur l'ordinateur c''est assez  logique.  Temps terne, et lumière grise. En fin d'après-midi, il tombe quelques gouttes, entrainement  adapté au contexte:  je sors  avec mes bâtons qui doivent devenir familiers et apporter vraiment un plus y compris en faux plat montant lorsque l'on court encore. Je dois également m'entrainer (et ça n'est pas si simple) à défaire les dragonnes rapidement et sans casser le rythme. A 19h sur un chemin en courbe, qui domine une douce combe ou coule le filet d'une source,  je m'arrête et compte les coups de cloche qui sonnent l'angélus. Je n'ai pas vu les anges, mais je me suis reposé.
Mercredi 20 septembre 2017
3h30 de Vtt dans la campagne du haut clunysois, il fait beau c'est un régal et je rentre à la maison bien entamé par la fatigue et un peu  défoncé ! J'ai ma dose Je suis bien (c'est super).  (jeudi matin 1h de fartlek avec une dizaine d'accélération sur la route et dans les prés en pente. Début de fatigue , et bouton de fièvre. Je ne ressort que le dimanche pour le trail de Haute Azergue. 150 participants un jolis parcours bien roulant et rapide. Je travaille ma foulée et les relances sur le plat et la rapidité en descente: 31km en 3h03. Pas vu les autres V3. Je suis plutôt content du travail et de la gestion de course pendant laquelle je n'ai pas lâché ma concentration et je fini en pleine forme! (Rassurant ) Je fait des course aussi pour me rassurer.
J'ai fait seulement  4 sortie cette semaine mais c'est bien suffisant  pour un corps éprouvé par un microbe indésirable.
La semaine prochaine sera tranquille je retourne en reconnaissance sur  le Vercors samedi ou dimanche prochain. Je tiens absolument  à mémoriser le parcours de Lalley Lozeron pour ne plus me perdre !
Mardi 19 septembre 2017
Moral en berne  je glande toute la journée.
samedi 16 septembre 2017
Hier alors que j'étais sur la route, il faisait un temps à sortir un temps avec une lumière à tout planter là, au col des Echarmeaux, sur le haut beaujolais, mais je suis rentré à la maison.
Ce matin je me suis laissé dormir dans une nuit de délice avec un couette un peu lourde qui me plaquait bien le corps. Le petit déjeuné est préparé mais le programme non défini, j'attrape un bouquin ("Bourlinguer" de Blaise Cendrars) alors le temps me file entre les jambes. Un heure plus tard, en ouvrant mon ordinateur je tombe sur un plan  d'entrainement pour l'ultra archivé précédemment. J'ai besoin d'avaler des km, et de dérouler ma foulée (c'est mon point faible). Je pars sur la route,  en Vtt avec les chaussures de trail, un bon coupe-vent et des gants. J'ai envie d'aventures et de découvertes. On file vers l'Est sur les monts du Haut Clunysois et du Beaujolais. La bas je plaquerais mon vélo dans un fourré pour un tour de piéton coureur. 
Allez ouste on se prépare. Il est bientôt 11h. Il fait gris et frais mais il ne pleut pas.
1h 20 de Vtt 2h de course en vrai tout terrain et retour d'une demi-heure en vélo.
Dimanche il pleut à verse je ne fais rien
Lundi beau temps  1h à jeun puis 1h et demi avec Guillaume et Luc.  Ca va un peu vite pour moi ce qui me fait travailler au seuil.
Jeudi 14 septembre 17
Je cours par amour de la montagne
Mon activité: j'appelle ça "course en montagne"
 Je trottine sur le plat, je marche dans les montées et je cours dans les descentes. Et parfois je m'arrête pour regarder.
Quand on part pour un trail long il y a tout de même un seuil que j'ai du mal à dépasser:  pour peu que la météo nous fasse des misères il ne faut pas s'étonner de souffrir quelque peu. Le plaisir pur et sans tache n'existe pas. Le corps nous interroge et nous demande de l'aide, Il est comme  un chien familier qui réclame, un signe, une pensée, ou une attention toute particulière. A cet amie qui me disait qu'en courant de la sorte  je maltraitais mon corps, je lui répondrai que nous vivons lui et moi une histoire amoureuse un peu symbiotique certes mais pleine d'attention de l'un à l'autre. Mon corps (lui) et moi (celui qui l'aime)   Depuis que je cours je perçois que je commence à accepter ma personne. Bon là ça risque d'être un peu mystérieux pour certains mais vu de moi, je commence à comprendre.
Une chose m'effraye pourtant, c'est la relation passionnelle voir exclusive qui s'installe.  Ma vie c'est ma course à pied (le trail en tout terrain) Rien de plus grisant que de se retrouver seul ou avec un ami la haut, loin avec le bruit du vent . Nous avons échoué pour notre première tentative… Je n'ai qu'une idée en tête repartir. Je voudrais tant que la montagne m'apprivoise, (je peux rêver et c'est gratuit) en attendant d'apprivoiser mon corps.
Après une chevauchée de 3h, sur les crêtes du Vercors, quand les nuages s'écartent gentiment pour nous montrer la vallée 800m plus bas, je suis secoué par l'orgasme (car il y a quelque chose de sexuel la dedans) . Plus bas entre deux vallons ou serpente un ruisseau c'est une caresse d'une  tendresse folle qui passe dans nos veines. Un temps couvert voir brumeux confirme notre intimité. Un temps ensoleillé nous assaille d'informations et nous invite aux jeux, la chaleur nous incite à la prudence.
Mercredi 13 septembre 2017
Tu parles d'un journal que je ne le tiens que très mal.
Je vais à la maison des pâtres en vélo
Il fait frais, voir froid, sortie prévue 2h 30 maxi.
Je quitte la montagne demain, triste moment, retour vers la  Bourgogne vallonnée. J'aime le sauvage, les chevreuils, le blaireau, les bergers au sale caractère, le loup, le chien perdu ou même celui du bon randonneur, le brouillard, et ce petit bout de Vercors.  Petit journal,  à tout à l'heure….   Ne
Mardi 12 septembre 2017    Repos relatif à la maison
Lundi  11 septembre 2017
Nouvelle reconnaissance du parcours en sens inverse du col de Rousset au pas de l'aiguille
Dimanche 10 septembre 2017
Départ de Lalley à 5h tapante
Très humide du brouillard mais pas de pluie.
Traversée du village, déjà à 500m du départ première hésitation, 500m de cote et nouvelle erreur je rate le raccourci pour saint Maurice, sans conséquence, dans le village, je rate le chemin et on rallonge le parcours de 500 m. Montée à Trapenier à un bon rythme,  au col de Bachal 1h 20, puis col de Méné, 1h30.
Le jour se lève, les choses sérieuses commencent, Montée sur la crête et progression en dévers sur de l'herbe mouillée. Tête de Praorzel et nouvelle erreur très vite corrigée grâce à la vigilance de Guillaume , on attaque la montée sur les hauts plateaux. Pas de problèmes jusqu'au pas de l'aiguille si ce n'est un ralentissement  pour ne pas effrayer les Patous de la bergerie de Chamousset.  Cabane de Chaumailloux , 3h 54 de course et première grosse erreur. Sur 25km2 le terrain ravagé par les obus tombés là en 1944 est chaotique au possible, Sol rocheux aux herbes courtes, chemin inexistant, montées descentes montées descentes  bosses et trous de 5m, sapins rabougris,  je ne regarde pas la boussole garde le sentier visible et facile et on file sud ouest sans se douter que l'objectif est plein nord . Il fait beau, belle promenade, belle variante, hésitations, rencontre du berger à Bachasson  et on rejoint la cabane de pré Peyret par le col de pison - 45mn de pénalité! Retour du mauvais temps, 5°, vent du nord, genoux douloureux ( je suis en short) et on s'englue sur les pistes boueuses de la station de Col de Rousset .  (je déteste  les stations de ski) Impossible de retrouver le GR 93 tous les balisages nous ramènent vers les parkings Tel à notre assistance qui déplace le Ravito sur le versant nord de l'autre côté du tunnel  Laurent et Philippe sont là avec boisson chaude vêtements secs et chaussures  de rechange. Interminable pose de 45mn et on repart pour Font d'Urle. Col de Chironne, descente vers Vassieux, puis longue montée toute droite jusqu'au plateau. Brouillard et vent glacé, genoux douloureux coup de mou, la trace oblique trop au nord , il nous faut remonter pour rejoindre cet Affreux village de Font d'Urle qui apparait enfin juste là en dessous.  
Ici le ravitaillement n'était pas prévu et on en profite; Piège confortable et on lâche l'affaire ( trop froid trop d'erreur ) Pose ( le temps s'arrange ) ciel bleu nuages de traine c'est fini , on a plus qu'à recommencer.
Jeudi 7 septembre 2017
Je sors en vélo et me paie une petite séance de cotes et retour en vélo (1h30 en tout
Mercredi 6 septembre 2017
Putain de contracture genre torticolis sans doute installé après une nuit à lutter contre les moustiques. Le mélange à la gaulthérie et l'huile d'amande douce est efficace